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Depuis toujours,
Georges VRIZ explore la matière et en nourrit sa marqueterie d'art.
Cependant, point de laiton, d'ivoire ou de galuchat : il se consacre
exclusivement au bois, à ses veines et à ses loupes, au travail
inscrit de sa croissance.
Longtemps, il s'est
contenté des placages. Leur ayant inventé la faculté de transparence,
il avait à faire. Puis, ce bois tant visité, il a eu besoin de le
réduire en poudre. C'est pour mieux servir ses représentations
abstraites, pour mieux s'élever vers les hauteurs.
Il a donc gagné
l'espace. Ce qu'il nous montre à présent, c'est l'univers des
nébuleuses chatoyantes, la fête lointaine des novæ et des gaz
cosmiques.
Le bois terrestre,
transfiguré, nous mène à des années lumières, où les incandescences
réveillent les teintures de la nuit, où la couleur semble dans sa
pureté et son éclat originels. VRIZ fouille les secrets du ciel, et
cette tâche le relie à d'antiques savants.
Respectant la
tradition de l'objet précieux qui marque la marqueterie il cerne d'or
ses nébuleuses et les place dans un cadre au sobre luxe flamand, comme
on aurait orné de frises et de rinceaux le grimoire de l'astronome
glosant sur le cours des étoiles.
La série "Ombres et
Lumières" embrasse le temps, et VRIZ a fixé sa culture, son savoir et
ses rêves. Des retables à l'abstraction lyrique, de Rembrandt à
Hubble, l'artiste présente ses camés comme un vif et subtil raccourci
des mondes où l'art depuis sept siècles, s'est aventuré. Ce n'est pas
la moindre de ses richesses que d'avoir des racines et savoir en tirer
sa sève.
Bruno BONTEMPELLI
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